SORTIR DES SENTIERS BATTUS

EDD – de la valeur ajoutée pour les paysages éducatifs!

L’éducation en vue d’un développement durable (EDD) vise à équiper les personnes afin de les rendre capables de s’engager dans le présent et de prendre une part active à la planification et à la réalisation de leur propre avenir. Le paysage éducatif «L’école et sa commune» ambitionne d’être au centre des compétences nécessaires pour un tel avenir. Les lignes qui suivent décrivent les observations tirées de la collaboration fructueuse entre l’école et la commune, et elles mentionnent les programmes d’appui dans ce sens.

L’éducation en vue d’un développement durable (EDD) vise à promouvoir les compétences nécessaires à un avenir durable, car les défis à l’échelle planétaire sont nombreux: changement climatique, phénomènes migratoires, ère numérique, surexploitation des ressources naturelles, pour n’en citer que quelques-uns. Le but de toute formation est de développer des compétences pour la vie – c’est alors que se pose la question de savoir quelles sont les compétences essentielles pour la première moitié du 21e siècle. Ces compétences sont, par exemple, la capacité de communiquer avec des acteurs divers lors d’un conflit d’intérêts, mais aussi de savoir gérer les techniques de communication, la créativité, les incertitudes et la complexité du monde, et enfin, d’être capable de communiquer et de négocier de manière responsable. L’EDD, étant un élément d’éducation interdisciplinaire, a donc été intégrée au Plan d’études romand (PER), qui précise:« Enjeux majeurs de ce début du vingt-et-unième siècle, les problématiques liées au développement durable impliquent d’appréhender de manière systémique la complexité du monde dans ses dimensions sociales, économiques, environnementales, scientifiques, éthiques et civiques. Une Éducation en vue du développement durable (EDD) poursuit avant tout une finalité citoyenne et intellectuelle : elle contribue à la formation de l’esprit critique en développant la compétence à penser et à comprendre la complexité. » (PER, Présentation Générale, 2010, p. 21). Les compétences telles que celles-là ne sont en réalité pas enseignées seulement à l’école, mais également dans des environnements d’apprentissage informels plus larges.

 

Coopération avec les communes – l’occasion d’expérimenter un mode d’apprentissage authentique

Le Paysage éducatif «L’école et sa commune» représente l’essentiel des travaux menés sur les 17 objectifs de développement durable des Nations Unies (cf. encadré). Des personnes provenant d’horizons divers peuvent façonner ensemble leur avenir au niveau local. Le projet CoDeS (Collaboration of schools and communities for sustainable development) financé par l’Union européenne s’est concentré pendant trois ans sur les divers aspects et les méthodes d’une collaboration réussie.

 

Le projet CoDeS – collaboration entre les écoles et les communes

Quand peut-on dire qu’une collaboration est réussie – existe-t-il des critères de réussite? L’analyse des projets réussis et menés dans le cadre du paysage éducatif «L’école et sa commune» a montré qu’il existe de toute évidence des critères sur lesquels repose un tel travail. Un aspect déterminant est que tous les participants doivent être assurés de POUVOIR S’EXPRIMER, car chaque groupe apporte ses propres compétences génératrices de succès. La COMMUNICATION doit faire partie de l’équation et les MODULES D’APPRENTISSAGE doivent être planifiés avec précision, car l’apprentissage est la première préoccupation de l’école. L’ACTION, avec ses aspects pratiques, est également importante, car ce sont les partenaires extrascolaires qui apportent cet élément dans le projet et parce que les contacts avec eux sont autant d’occasions d’apprendre. Le projet tout entier nécessite d’identifier des VISIONS qui permettent de définir des approches et des méthodes communes, et le projet a besoin d’un MANDAT, autant de la part de l’école que de la part des partenaires extrascolaires. Le mandat est l’une des raisons pour lesquelles des projets sont prévus pour le long terme, car il concrétise le moment important où les nouveautés sont institutionnalisées. Autre aspect non négligeable: les RESSOURCES, qui sont souvent de nature non financière, puisqu’il peut s’agit de ressources symboliques, ou sous forme de temps de travail, ou encore d’une infrastructure disponible. L’ÉVALUATION des étapes de projet et des processus sociaux accompagne l’ensemble des travaux et fait d’ailleurs partie de la planification, et grâce aux observations qui en découlent, il est possible d’identifier les éventuels problèmes suffisamment tôt.

 

Paysages éducatifs EDD – travailler avec des méthodes innovantes

La collection de cas pratiques – véritable boîte à outils et guide de voyage: CoDeS a élaboré une boîte à outils pour les planificateurs de projet. Les 31 cas pratiques issus de différents pays constituant la collection sont une invitation à la coopération. Cette publication est conçue en fonction des étapes de la gestion de projet: depuis la planification jusqu’à la documentation, des idées d’application pratique sont disponibles pour chaque phase de projet. Pour les personnes qui s’intéressent aux questions de fond concernant le développement durable et les travaux de projet, il existe une sorte de guide de voyage pour la coopération. On y trouve toutes les informations sur les questions fondamentales: «Qui, quoi, quand, comment, pourquoi et où»; chaque chapitre est complété par des méthodes, des exemples et un ensemble de règles théoriques.

Les partenaires de projet provenant de CoDeS se sont demandé, pendant les phases de travail en commun, pourquoi bon nombre d’écoles sont réticentes à collaborer avec des partenaires extrascolaires. Une enquête a permis de conclure que l’un des problèmes réside dans les objectifs assignés à l’école – les écoles se considèrent comme le lieu par excellence pour l’apprentissage de matières définies –, mais aussi dans la crainte d’être récupérées par ces partenaires. Les emplois du temps ou horaires de travail des partenaires issus de l’école et de la commune jouent un rôle non négligeable, au même titre que les problèmes de communication entre eux. L’équipe de projet tente de relever ces défis en s’appuyant sur ses propres expériences, afin de trouver des solutions aux éventuels problèmes.

Même si les activités liées au projet génèrent un surcroît de travail, la collaboration au sein du paysage éducatif «L’école et sa commune» ouvre également de nouveaux horizons, permet d’approfondir le dialogue et enrichit autant l’enseignement que la valorisation mutuelle.

 

Réseau d’écoles21 – une opportunité concrète pour les communautés scolaires suisses

Depuis le 21 mars 2017, les écoles de Suisse sont soutenues par le Réseau d’écoles21 dans leur transformation pour devenir des écoles favorisant la santé et le développement durable.

Les écoles orientées vers la promotion de santé et le développement durable visent à façonner l’école comme un lieu où les élèves apprennent, travaillent et vivent avec plaisir et motivation et dans un esprit de développement durable. L’approche EDD est progressivement intégrée à tous les aspects importants de la vie scolaire (enseignement, organisation, gestion). Une école qui entend promouvoir la santé et être durable agit en conformité avec la charte du développement durable et selon les principes d’action que sont la participation, la poursuite d’une vision, la pensée en systèmes, l’empowerment, l’approche à long terme et l’équité des chances. L’école devient un terrain d’exercice sur lequel enfants et adultes expérimentent ensemble le développement durable (cf. Perspectives en vue d’une école en santé et durable, 2016). L’école évolue dans sa globalité pour devenir un lieu de travail, d’apprentissage et de vie durable dans tous ses aspects sociaux, écologiques, économiques et de santé.

En tant que responsables d’établissements éducatifs, les communes/villes disposent d’un potentiel énorme pour modeler et soutenir ces institutions. Bien souvent, il est possible de partir des processus locaux ayant fait leurs preuves concernant la mise en œuvre des principes de durabilité. Des communes peuvent, par exemple, proposer des mesures de formation continue en matière de développement durable, intégrer des établissements éducatifs de manière concrète aux activités locales (p. ex. processus de l’Agenda21, label Cités de l’énergie, Société à 2000 watts, projets de revitalisation de la nature, événements d’intégration, etc.) et promouvoir l’approche Service Learning dans le contexte du développement communal. La commune peut aussi inciter les établissements éducatifs à élever la durabilité à un rang institutionnel et les soutenir dans le cheminement pour devenir des écoles en santé et durables.

 

Christine Affolter, Barbara Schäfli, Sandra Wilhelm, éducation21

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Pour éducation21, l’expression paysage éducatif durable signifie un concept d’apprentissage et d’enseignement global servant de référence pour une communauté capable d’affronter l’avenir, moyennant la collaboration de tous les acteurs à la vision de durabilité. Un paysage éducatif durable a pour objectif d’intégrer l’approche EDD dans tous les domaines de l’éducation (cf. Fischbach, Kolleck & de Haan, 2015. Auf dem Weg zu nachhaltigen Bildungslandschaften. Wiesbaden: Springer).

Le Réseau d’écoles21 – Réseau suisse d’écoles en santé et durables est fondé sur le Réseau suisse d’écoles en santé (RSES) qui, depuis ses débuts en 1997, est devenu le plus vaste réseau du paysage de l’éducation en Suisse. Cet élargissement du programme a été élaboré par les deux fondations éducation21 et RADIX en collaboration avec les réseaux cantonaux, la CDIP, les associations d’enseignant-e-s et de directions d’écoles ainsi que des services fédéraux.

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Pour de plus amples informations

17 objectifs de développement durable

éducation21

Réseau d’écoles21

CoDeS